Qu’un aliment puisse à la fois séduire les papilles et inquiéter les médecins, voilà un paradoxe auquel s’attaque le sushi pour quiconque envisage une grossesse. Le poisson cru figure régulièrement sur la liste des aliments déconseillés par les autorités sanitaires pendant la période de conception et de grossesse, principalement en raison du risque de parasites et de contamination bactérienne. Pourtant, certaines variétés de sushis composés de poissons cuits ou de légumes échappent à ces restrictions strictes.
Des études récentes soulignent que certains nutriments présents dans les poissons, comme les oméga-3, jouent un rôle dans la fertilité féminine. Toutefois, toutes les options disponibles dans les restaurants japonais ne se valent pas pour celles qui cherchent à maximiser leurs chances de tomber enceinte.
Sushis et fertilité : ce que dit la science sur leur compatibilité
Les sushis, alliance singulière de poisson cru ou cuit, de riz et parfois d’algues, suscitent bien des interrogations chez ceux qui souhaitent agrandir la famille. Plusieurs études, issues notamment de l’université de l’Illinois et de Harvard, confirment que alimentation et fertilité sont intimement liées, chez la femme comme chez l’homme. Les poissons gras tels que le thon, le saumon ou le maquereau apportent une dose précieuse de DHA (docosahexaénoïque), cet oméga-3 qui façonne la membrane et l’acrosome du spermatozoïde, deux éléments clés pour une fécondation réussie.
Pour les hommes, il est désormais admis qu’une alimentation riche en produits de la mer améliore la qualité du sperme, un constat relayé par une étude de Harvard et le Massachusetts Institute of Technology. Le riz, souvent enrichi en iode dans les sushis, et les algues qui accompagnent certains makis, contribuent aussi à l’équilibre nutritionnel. Les apports en oméga-3 et en iode issus de ces associations alimentaires influencent directement la fertilité masculine.
Il ne suffit pourtant pas de miser sur le poisson cru. Diversifier les sources alimentaires reste pertinent : par exemple, le yaourt a montré sa capacité à améliorer la qualité du sperme et à stimuler la libido masculine, toujours selon le MIT. Quant à la consommation de sushis au poisson cru, elle n’est pas interdite avant la grossesse, mais appelle à la prudence : fraîcheur, provenance et préparation du poisson deviennent alors décisives. Finalement, tout se joue dans le choix des ingrédients et l’exigence de leur qualité.
Quels sont les risques liés à la consommation de sushis avant et pendant la grossesse ?
Manger du poisson cru pendant la grossesse, c’est s’exposer à des risques bien réels. Les consignes de la HAS et de l’ANSES sont fermes : dès le début d’un projet bébé, il vaut mieux proscrire les sushis au poisson cru. Le principal danger reste la listériose, une infection bactérienne provoquée par la listeria, fréquemment retrouvée dans le saumon ou le thon non cuits, mais aussi dans divers aliments insuffisamment cuits ou non pasteurisés. Cette bactérie, souvent inoffensive pour l’adulte, peut avoir des conséquences dramatiques pour le fœtus, malformations, fausse couche, naissance prématurée.
Autre menace : l’anisakis. Ce parasite du poisson cru peut provoquer des douleurs digestives aiguës et nécessite une intervention médicale en urgence. Même si la toxoplasmose concerne surtout la viande, elle peut, plus rarement, être transmise par le poisson, la prudence reste de mise, notamment en début de grossesse.
Voici les principaux risques auxquels s’exposent les femmes enceintes en consommant du poisson cru :
- Listeria : danger grave pour la santé de la mère et du bébé à venir.
- Anisakis : parasite que l’on rencontre dans le poisson cru, à l’origine de troubles digestifs parfois sévères.
- Toxoplasmose : infection rare via les sushis, mais potentiellement délétère en début de grossesse.
Les spécialistes, Christelle Perrin-Fayolle et Élise Destannes, recommandent fermement de bannir les sushis au saumon cru et tout aliment cru durant la grossesse. Prendre cette précaution, et l’appliquer dès la phase de conception, contribue à protéger la fertilité et à limiter les infections qui pourraient entraver la réussite du projet parental.
Faire le tri : sushis autorisés, sushis à éviter pour favoriser la fertilité
Pour celles et ceux qui veulent optimiser leur alimentation, le choix des sushis mérite réflexion. Les préparations à base de légumes (concombre, avocat, patate douce, champignons) et de riz s’intègrent parfaitement à un régime bénéfique pour la fertilité. Ces variantes végétariennes regorgent de fibres, de vitamines et d’antioxydants, tandis que les algues nori fournissent iode et minéraux précieux.
Adopter des sushis végétariens, c’est faire le choix d’une alimentation qui soutient la santé reproductive. Céréales complètes, graines, noix et légumes s’inscrivent dans cette logique. Pommes de terre douces, asperges, brocolis, baies : tous ces aliments renforcent la qualité du sperme, la régularité du cycle et le fonctionnement ovarien.
Mieux vaut, à l’inverse, se passer des sushis au poisson cru, thon, saumon, maquereau, espadon, lors d’un désir de grossesse. Non seulement ces poissons présentent un risque bactériologique ou parasitaire, mais certains, notamment le thon et l’espadon, contiennent du mercure, toxique pour la reproduction et le développement embryonnaire. Privilégier le poisson cuit, vapeur ou grillé, permet de profiter des oméga-3 sans s’exposer aux agents infectieux.
Un autre détail à surveiller : la consommation excessive de soja, dont l’effet d’imitation hormonale peut perturber la fertilité masculine. Les boissons sucrées et les édulcorants comme l’aspartame, susceptibles d’interférer avec la production de prolactine et l’ovulation, méritent aussi d’être limités.
Conseils pratiques pour savourer les sushis tout en préservant sa santé reproductive
Le choix des ingrédients change tout : préférez toujours la transparence sur l’origine du poisson et la propreté du lieu de préparation. S’orienter vers des établissements réputés, appliquant les règles de traçabilité et de conservation, reste la meilleure prévention. Pour écarter les risques liés au poisson cru (listéria, anisakis, parasites), il est judicieux d’opter pour des recettes à base de légumes ou de poisson bien cuit, surtout si une FIV est en cours ou en cas de syndrome des ovaires polykystiques.
Au comptoir, faites les bons choix : makis avocat, concombre, omelette ou patate douce, nigiris au poisson cuit… Autant de variantes qui s’intègrent sans peine à une alimentation favorable à la fertilité. Un riz complet en accompagnement garantit un apport progressif en glucides, utile pour prévenir l’insulino-résistance, un enjeu central pour les femmes atteintes de syndrome des ovaires polykystiques.
Quelques réflexes simples à adopter pour allier plaisir et sécurité :
- S’assurer de la fraîcheur du poisson et de l’hygiène des cuisines.
- Écarter les sauces industrielles, souvent trop riches en sucres ou en additifs.
- Limiter le soja et privilégier les accompagnements gorgés de fibres et de micronutriments : algues, légumes frais, gingembre.
Un dernier conseil pour élargir votre palette alimentaire : les produits laitiers fermentés comme le yaourt pourraient, d’après le Massachusetts Institute of Technology, améliorer la qualité du sperme. Miser sur la variété et la complémentarité des nutriments, tout en gardant un œil sur la qualité des sushis, c’est donner à la fertilité toutes ses chances, sans sacrifier le plaisir de la table.
En somme, le sushi n’est ni ange ni démon : c’est la vigilance, le choix des ingrédients et la diversité du menu qui écrivent la suite de l’histoire. La prochaine bouchée pourrait bien marquer le début d’une nouvelle aventure.


