Chaque année, deux à trois millions de vies échappent à la maladie grâce à la vaccination. Dans le même temps, de nouveaux fléaux émergent, forçant la médecine à repousser ses limites pour protéger toujours plus d’individus. Tour d’horizon des vaccins préventifs qui s’invitent sur le devant de la scène.
Vaccin contre la dysenterie bacillaire ou shigellose
La dysenterie bacillaire s’abat sur les enfants de moins de cinq ans, principalement dans les pays où l’accès à l’eau potable reste une illusion. Cette infection se manifeste par de violentes douleurs au ventre et des diarrhées sanglantes. À l’origine : une bactérie infiltrée dans l’organisme à cause d’aliments ou de boissons contaminés, qui attaque littéralement la muqueuse intestinale.
Les scientifiques se mobilisent pour passer à l’action. À l’été 2016, ils ont lancé un essai clinique de phase I pour tester la tolérance d’un vaccin expérimental. Ce vaccin sous-unités ne se contente pas d’une protection symbolique : il exploite une molécule synthétique mimant la zone de la bactérie qui stimule l’immunité. Ce procédé vise à offrir une barrière concrète aux jeunes enfants, trop souvent fragilisés par cette infection dont beaucoup ne réchappent pas.
La prévention des cancers
Le cancer poursuit son avancée, chaque jour il frappe, sans relâche, partout. Si la chimiothérapie et la radiothérapie restent des piliers, la recherche évolue sur de nouveaux terrains : ces dernières années, deux vaccins expérimentaux ont été mis au point au sein de l’unité de régulation immunitaire et vaccinologie de l’Institut Pasteur.
Leur objectif : transformer la réaction immunitaire en arme capable de reconnaître et d’attaquer sélectivement une tumeur. L’un de ces vaccins s’appuie sur une protéine issue de certains papillomavirus, responsables des cancers du col de l’utérus. L’autre s’appuie sur un assemblage synthétique, ouvrant la voie, dans des modèles précliniques, à une élimination ciblée des cellules tumorales. Au fil du temps, ces perspectives pourraient bouleverser la manière de lutter contre certains cancers, sans remplacer pour autant les traitements existants, mais en complétant l’arsenal.
Le paludisme
Le paludisme est loin d’avoir dit son dernier mot. Présent sur tous les continents tropicaux, il continue de faire des ravages et de menacer les populations les plus vulnérables. Le vaccin RTS,S, le plus avancé actuellement, offre une protection modérée : environ 30 %. Il agit sur la phase du parasite qui envahit le foie, mais il ne parvient pas à bloquer toutes les étapes de l’infection.
Pour aller plus loin, des équipes de recherche s’emploient à développer des vaccins qui s’attaquent aussi au stade sanguin du parasite. L’objectif, cette fois-ci, est d’empêcher la pénétration des globules rouges, ce mécanisme étant la source des formes graves de la maladie. Les prototypes en lice misent sur des protéines spécifiques, celles que le parasite utilise pour entrer dans les cellules du sang. Ce travail ouvre des perspectives, en particulier dans les régions où le paludisme demeure quotidiennement mortel.
Le vaccin Nuvaxovid de Novavax
Impossible d’ignorer le bouleversement provoqué par la crise du Covid-19. Face à l’urgence, la vaccination s’est accélérée. Dans cette dynamique, le Nuvaxovid conçu par Novavax est venu étoffer les solutions offertes aux personnes vulnérables. Le principe ? Stimuler le système immunitaire contre le SARS-CoV-2, notamment chez les individus déjà fragilisés par le diabète, une insuffisance rénale ou la grippe saisonnière.
Ainsi, Nuvaxovid s’ajoute à la collection des vaccins mobilisés contre le Covid-19. Sa conception répond à la nécessité d’adapter et d’enrichir l’éventail des réponses face à un virus qui continue de muter. Le paysage mondial de la vaccination évolue avec ces nouveaux vaccins préventifs ; la capacité à anticiper les menaces et à trouver des parades s’impose désormais comme le défi permanent du collectif humain.


