La cigarette électronique, souvent perçue à tort comme une alternative anodine, s’attire aujourd’hui la méfiance de nombreux gouvernements. Loin de l’image d’un gadget inoffensif, elle fait l’objet de mesures fermes aux quatre coins du globe. Plusieurs pays n’ont pas hésité à serrer la vis pour limiter la propagation du vapotage. Tour d’horizon de ces territoires où l’e-cigarette se heurte à des murs juridiques.
L’Inde
En Inde, la législation frappe sans délai : utiliser ou transporter une cigarette électronique vous expose immédiatement. L’interdiction est totale, aussi bien pour la population locale que pour le moindre touriste de passage ou simple transit. Les contrôles sont intraitables, jusqu’aux bagages en soute. Le risque encouru ? Un an de prison ferme et près de 1 200 dollars d’amende (soit 1 011 euros). Pour une vue d’ensemble des pays où le vapotage est proscrit, voici la page de référence : E-cig.
La défiance envers le tabac ordinaire n’est pas moindre. Plusieurs États comme Jammu, Cachemire, Karnataka, Punjab, Maharashtra, Kerala ou Sikkim ont renforcé la sévérité : la cigarette classique y est aussi bannie, avec une menace de trois ans derrière les barreaux. En dehors de ces zones, fumer dans les espaces publics expose à une amende, les rares zones pour fumeurs restent confinées à certains hôtels ou restaurants haut de gamme. L’ambition ? Chasser la nicotine de la sphère publique.
L’Australie
L’Australie déroule un arsenal réglementaire pour contrer aussi bien le tabac traditionnel que la vape. Oubliez la pause clope en intérieur : c’est prohibé, tout comme à moins de trois mètres d’une entrée, même dehors. Pour les e-cigarettes, la nuance est nette : sans nicotine, elles sont tolérées, mais la version nicotinée nécessite une prescription médicale. La nicotine, là-bas, figure d’ailleurs sur la liste des substances toxiques depuis longtemps.
Dans plusieurs États australiens, toute e-cigarette contenant de la nicotine est frappée d’interdit sans ordonnance. Les mineurs en sont complètement exclus, la publicité est muselée et la vente est étroitement cadrée. Une bouffée au mauvais endroit ? 550 dollars australiens d’amende, soit 463 euros. On ne plaisante pas avec les règles, l’Australie affiche une constance à toute épreuve pour limiter chaque trace du tabac et du vapotage.
L’Argentine
L’Argentine s’appuie sur une gestion stricte : seules les pharmacies et les bureaux de tabac peuvent commercialiser les cigarettes électroniques, et leur usage est interdit dans tout espace public. Le raisonnement des autorités est limpide : vapoter incite les jeunes à adopter le geste de fumer, neutralisant ainsi les efforts de prévention. Selon elles, la E-cigarette banalise le tabac et abaisse l’âge du premier contact.
Le couperet tombe vite : toute vente à un mineur ou en dehors des circuits légaux peut valoir une amende jusqu’à 10 000 dollars. Un vapotage dans un lieu interdit ? L’addition monte de 50 à 1 000 dollars. Ici, l’approche ne laisse guère d’espace à la tolérance.
Le Canada
Le Canada décline des règles variables selon les provinces, tout en maintenant certaines lignes rouges. Les produits aromatisés sont bannis partout, tout comme la publicité dédiée à ces dispositifs. Le but affiché : réduire l’attrait des e-cigarettes auprès des plus jeunes, considérés comme la cible privilégiée des saveurs sucrées ou fruitées.
Enfreindre ces interdictions expose à de lourdes sanctions : jusqu’à 5 000 dollars canadiens d’amende pour avoir commercialisé un produit aromatisé, la même punition pour la vente à un mineur. Partout, les autorités haussent le ton et ne laissent plus passer les écarts.
La Thaïlande
Ici, la tolérance n’existe pas. Toute cigarette électronique est bannie, quel que soit le contexte. La mesure vise à préserver la santé publique et à empêcher durablement la diffusion de la vape dans la société thaïlandaise. La volonté politique est claire : les autorités s’empressent de bloquer tout accès, faute d’études jugées suffisantes sur la prétendue inoffensivité de ces dispositifs.
Importer, vendre ou même utiliser une cigarette électronique entraîne une amende immédiate, parfois couplée à une procédure engagée sur-le-champ. Aucune ambiguïté, la décision s’inscrit dans une volonté de prévention radicale.
Le Brésil
Le Brésil a également tranché. Ici, l’importation, la vente comme l’usage de tout produit de vapotage sont proscrits. Cette position découle directement des inquiétudes persistantes sur le rôle des e-cigarettes dans l’initiation au tabac, notamment chez les adolescents.
Les sanctions font mal : plusieurs milliers d’euros d’amende, et la menace de prison pouvant aller jusqu’à trois ans. Impossible de passer entre les mailles du filet. Ce choix assumé contre le vapotage relève d’un véritable bras de fer avec les géants du secteur, au nom de la santé publique.
Dans cette course à la réglementation, la E-cigarette reste sous haute surveillance à l’échelle internationale. Les frontières se dessinent selon des logiques de précaution, parfois à marche forcée. Reste à observer comment les sociétés, de part et d’autre du globe, adapteront, ou résisteront, à ces barrières. L’histoire, elle, ne fait que commencer.


